Témoignage Jean H.
Quelle est votre formation de départ ?
Quel a été votre premier emploi ?
Avez-vous choisi ce premier emploi ?
Avez-vous exercé plusieurs métiers ?
Avez-vous suivi d’autres formations en cours de vie professionnelle ?
Quelle est votre formation de départ ?
J’ai terminé avec succès les humanités gréco-latines en 1956 et, faute de moyens financiers de mes parents, j’ai opté pour une mise au travail immédiate, dans l’attente de l’appel au service militaire. Top
Quel a été votre premier emploi ?
J’ai eu la chance d’être engagé immédiatement, pour quelques mois, dans une petite maison de transport, comme employé sans qualification particulière. Top
Avez-vous choisi ce premier emploi ?
Ce n’était pas vraiment un choix, mais une opportunité qui m’était offerte par un lien de parenté avec le responsable de cette filiale d’une maison française de transport et d’agence en douane.
C’était à la fois une véritable prise de contact avec le monde du travail mais, en même temps, une espèce de stage car, bien qu’engagé sous contrat pour une durée indéterminée, il était entendu que l’engagement était pris de part et d’autre jusqu’à la découverte d’un autre emploi, le cas échéant après le service militaire.
Sur ces entrefaites, un voisin, avec qui nous n’avions pourtant que peu de contact et qui travaillait comme ouvrier à la SNCB, informa ma mère de ce qu’un examen de commis devait y avoir lieu incessamment. Je m’y inscrivis, réussis cet examen et fus appelé en service début mai 1957, alors que j’étais simultanément appelé à l’armée pour le 1er juin.
Mon premier employeur me libéra en temps voulu et, habitant Mouscron, j’entrais au service de la SNCB en gare de formation de Montzen, à la frontière allemande.
Je n’y travaillai donc qu’un premier mois, dans les services de marchandises, comme « facteur de gare » - la terminologie du personnel ferroviaire a évolué depuis –, puis j’entrai à l’armée comme milicien candidat sous-officier. Je tenais en effet à y apprendre ce qu’il était possible d’y apprendre, mais dans le temps minimum d’obligation d’appel sous les armes, soit alors 15 mois. Les candidats officiers étaient à cette époque astreints à une durée de service de 18 mois.
Démobilisé comme sous-officier de réserve, je retournai donc à la gare de Montzen en octobre 1958. Top
Avez-vous exercé plusieurs métiers ?
Je suis resté agent de la SNCB jusqu’à ma mise à la retraite et j’en suis aujourd’hui ce qu’on y appelle un « agent pensionné de la SNCB », celle-ci ayant son propre régime de pensions. C’est une situation analogue à tous les agents du « Secteur Public ».
Cela ne m’a pas empêché d’y exercer plusieurs métiers et d’y faire carrière, mais une telle situation n’est évidemment en rien comparable avec la situation des travailleurs de l’industrie ou des services privés.
Pendant mon service militaire, je participai à un examen de « rédacteur », toujours à la SNCB. Cet examen requerrait le diplôme de fin d’humanités, alors que celui de « commis » ne requerrait que le diplôme de ce qu’on appelait alors les « moyennes inférieures ». Je le réussis, mais un blocage dans la politique de recrutement intervint, de sorte qu’après être resté quelques mois à Montzen puis, par voie de mutation, à la gare de Schaerbeek Formation – Service des Marchandises, comme « commis » encore -, ce n’est que fin 1959 que je fus appelé en stage comme « rédacteur », affectable tant au services des gares voyageurs ou marchandises que dans un poste des différentes Directions de l’entreprise.
Avant même que je ne sois affecté d’office par les services du personnel, j’introduisis une demande d’affectation dans un des services de la Direction du Personnel. Mon souhait était de m’occuper du traitement de dossiers qui concernaient directement des personnes. J’eus la chance d’être affecté au « Service des Pensions » de l’entreprise. Top
Avez-vous suivi d’autres formations en cours de vie professionnelle ?
Une des raisons qui m’avaient poussé à entrer à la SNCB, c’était notamment la perspective de pouvoir y effectuer une carrière de promotion, grâce à des examens internes à l’entreprise, dont les conditions et notamment les matières étaient connues, ce qui permettait de s’y préparer par une formation personnelle.
C’est ainsi que je repérai une formation en cours du soir qui reprenait toutes les matières à préparer pour les examens de sous-chef et de chef de bureau, ce qui amenait, en cas de réussite, à pouvoir postuler des emplois de cadre supérieur, au même titre que les agents disposant d’un diplôme universitaire et recrutés directement à ce niveau. De plus cette formation, qui s’étalait sur trois années, décernait une qualification de « Technicien en législation sociale ».
Je réussis cette formation et, dans la foulée, les deux examens de promotion à la SNCB. Je n’y ai toutefois exercé effectivement que la fonction de sous-chef de bureau. En effet, suite aux multiples contacts que mes fonctions au « Service des Pensions » entraînaient avec les organisations syndicales internes à l’entreprise, l’une de celle-ci me sollicita pour poser ma candidature à un poste de « Secrétaire National ».
J’y fus élu et entrai en fonction en novembre 1970, bien que restant agent de la SNCB et y poursuivant ma carrière. Les délégués syndicaux permanents en service public sont en effet « détachés » de leur entreprise, celle-ci facturant à l’organisation syndicale la rémunération qui leur est versée. J’allais occuper par la suite la fonction de « Secrétaire Général », pour terminer mon engagement syndical comme « Secrétaire Confédéral » d’une organisation syndicale mondiale.
J’ai dès lors suivi également de nombreuses formations de haut niveau au sein du mouvement syndical et j’ai de même été amené à en donner de très nombreuses, en Belgique d’abord, mais également à l’étranger.
J’ai été admis à la retraite le 1.8.1998, dans la qualification d’ « Inspecteur Principal chef de Division ». Top
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